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En finir avec les difficultés de l’entrepreneur face à l’échec ?

Et si la faillite de l’entrepreneur n’était pas la fin de tout, mais plutôt le début d’une nouvelle étape ?

Pour s’attaquer aux difficultés de l‘échec entrepreneurial, différents évènements se développent en France comme :

  • les Fail Conférences  (1),
  • les soirées afterfail ou
  • les «Fuck up night» (traduction litt. : «soirée foirages») pour les start up.

Ces évènements montrent l’importance de  transformer l’échec en réussite»!

Mais où en est-on dans cette transformation des pratiques ? Même si le « fichier 040 » a disparu, reste à supprimer le principe de « liquidation » judiciaire et faire évoluer les mentalités !

 

La suppression du fichier dit « 040 » est récente

 

banque de france

 

La mentalité française change et il est plus facile d’accepter aujourd’hui un « droit à l’erreur, …voir à l’échec ».

Mais c’est seulement le 07 septembre 2013, suite aux Assises de l’Entrepreneuriat (avril 2013) menées par la Ministre Fleur Pellerin (2), que « le fichier dit 040″ a été supprimé. Ce fichier avait un effet stigmatisant puisqu’il  recensait au niveau de la Banque de France 144000  chefs d’entreprise ayant fait l’objet d’une liquidation judiciaire ! Difficile dans ces conditions d’obtenir un prêt pour relancer une activité…

Trois ans après cette première étape, il est encore important de « décomplexer l’échec » car un entrepreneur ne peut pas se résoudre à « réussir ou mourir » !

 

Il faut arrêter de « liquider » les entreprises

Le deuxième frein à l’évolution des mentalités face à l’échec est la mise en oeuvre de la liquidation judiciaire. La définition juridique est claire, il s’agit d’une « cessation d’un commerce (…) impliquant le recouvrement des créances (…) par la réalisation du stock et de l’installation » (Larousse).

Mais la définition juridique doit être complétée par une autre définition plus commerciale qui illustre la réalité vécue sur le terrain… La liquidation devient alors une « vente de marchandises à bas prix, soit pour une cessation de commerce, soit pour l’écoulement d’un stock indésirable ».

En clair, la liquidation peut se transformer en braderie !

 

Salarié ou entrepreneur : difficile de rebondir après un échec !

Comment l’entrepreneur peut-il rebondir après une liquidation, s’il ne peut pratiquement rien récupérer de son investissement.

  • En France, l’entrepreneur récupère 49 centimes pour 1 euro,
  • contre une moyenne européenne de 65 centimes pour 1 euro,
  • voir 0,86 € en Belgique ou au Danemark !

La conséquence est que les entrepreneurs mettent 9 ans en France à se relever d’une faillite, alors qu’il ne leur faut que 6 ans en Allemagne et 1 an au Danemark.

Selon une étude de l’Ipsos (3), plus des 75% des sondés pensent que l’entrepreneur après une faillite est mal encadré pour pouvoir rebondir.

Idem dans le monde des salariés : 62% des français estiment qu’un échec professionnel est difficile à surmonter. Ils connaissent les difficultés des entrepreneurs ayant connu la faillite pour retrouver un emploi.

 

« Failure is good »

Mais il existe des raisons d’espérer : si l’on écarte les craintes liées aux conséquences financières, sociales et administratives, les français pensent à 94% que l’on peut apprendre de l’échec (étude Ipsos -3 -) !

Les mentalités semblent prêtes à accepter l’échec, d’autant plus que la génération Y  s’inspire souvent de  la culture entrepreneuriale de la Silicon Valley où « l’échec est bon » (« Failure is good« ), comme le titrait il y a quelques années le mensuel américain Wired  en annonçant l’émergence de la culture du rebond.

Le magazine racontait l’histoire des grands groupes que nous admirons tous et qui n’auraient jamais pu exister sans une accumulation d’échecs successifs !

 

Apprendre  à gérer l’échec, un problème international

leçon entrepreneur apres l'echec

 

Le magazine de stratégie d’entreprise HBR (Harvard Business Review) traite en novembre 2016 du sujet de l’échec dans l’entreprise. Et il ne faut pas penser que tout va pour le mieux au pays de l’oncle Sam !

La célèbre revue souligne l’incohérence à laquelle se heurtent les managers américains. Ils sont tiraillés entre d’une part, la culture du chiffre et de la rentabilité, et d’autre part, par le coût réel et non prévu de l’échec.

Même si l’échec est mieux accepté dans les mentalités américaines, les managers le craignent et n’osent pas expérimenter à court terme, alors que cela est profitable à moyen terme…

La solution ? Formaliser l’apprentissage lié à l’échec et à l’expérience en général. Cela passe par l’analyse des échecs rencontrés dans le cadre de projets.

A ce premier stade, il est vital de distinguer les « actifs » liés à l’échec aussi bien que ses coûts (le passif, qui ne sera pas récupérable).

Les actifs  liés à l’échec valorisent l’expérience tirée de la situation. Julian Birkinshaw et Marine Hass, les auteurs de l’article proposent une série de questions afin d’identifier ces actifs qui relativisent l’impact financier d’une expérience qui tourne mal:

  • Quels sont les enseignements à tirer suite à l’échec et qui concerne les goûts et les besoins des clients et du marché ?
  • Dans quelle mesure peut on modifier des hypothèses du projet ayant conduit à l’échec ?
  • Quelles sont les informations à retenir de cette expérience pour les développements futurs ?
  • Comment faut il réajuster ses prévisions ?
  • Quelles sont les découvertes obtenues sur la façon de travailler en équipe ?
  • Quelle est l’efficacité testée des processus, de la structure organisationnelle, de la culture de l’entreprise ?
  • Comment cette expérience a permis une amélioration des compétences , au niveau individuel et global ?
  • Cela a-t-il renforce la confiance et l’engagement de l’équipe ?
  • Est-ce qu’autres besoins de développements ont surgi ?

Cet exercice d’évaluation du passif (4) et des actifs est difficile pour tous car il force à regarder le passé plutôt que l’avenir. Mais les résultats semblent intéressants : lorsque les constats d’échecs sont documentés, puis transmis aux équipes ils améliorent l’adaptation de l’organisation. Ce point du « partage de leçons » est d’ailleurs essentiel puisqu’il garanti un retour sur investissement de l’échec. Ce n’est pas seulement au niveau d’une équipe que la leçon est retenue, mais bien au niveau de l’ensemble des salariés de l’entreprise ou du groupe !

Dernier point essentiel : il faut analyser l’ensemble des échecs afin d’identifier d’éventuels problèmes de prises de décisions. Quand le processus décisionnel est défaillant, il multiplie les échecs.

 

Face à l’échec, les associations qui font bouger les lignes

rebondir apres un echec

Depuis quelques années, diverses associations militent en France pour changer les mentalités face à l’échec, comme :

Ces associations permettent de valoriser les hommes et les femmes confrontés à l’échec, comme le souligne Philippe Rambaud, le président de 60 000 rebonds :

« [Quand on me demande] ce qui me fait le plus plaisir dans 60.000 rebonds, je réponds les sourires des hommes et des femmes que j’ai vu si mal quand ils sont [arrivés chez nous] ».

Si les français se chargent de faire évoluer leur mentalité, reste donc aux politiques à faciliter le volet législatif du « rebond » !

 

  • (1) Roxanne Varza, responsable Initiatives avec les start-up chez Microsoft, a importé en 2011 le concept des Failcons. Pour elle ces conférences ont pour objectif de présenter des entrepreneurs qui viennent « raconter un échec ou une erreur personnelle (…) et montrer ce que l’on a appris, comment on a rebondi, ou comment éviter de revivre la même situation».
  • (2) Lire à ce sujet Fleur Pellerin, Ministre déléguée en charge de l’Innovation et des PME en 2014, « L’échec est la mère de toutes les victoires : développons la culture du rebond ! » Le Huffington Post 13 janvier 2014.
  • (3) étude IPSOS, publiée en décembre 2013.
  • (4) Pour la partie du « passif » lié à un échec, les auteurs se concentrent sur les coûts tant financiers que humains (moral des équipes…).

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