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La valeur de l’échec entrepreneurial

Quels que soient la culture ou le pays, un échec n’est jamais perçu comme un évènement positif. Cependant, les mentalités acceptent de mieux en mieux l’échec dans le domaine entrepreneurial.

Le phénomène de la « culture du rebond » se répand, porté depuis 20 ans par la Silicon Valley où « l’échec est bon » (“Failure is good”).

En France, l’échec est aussi mieux accepté. Ce qu’il manque, c’est construire un véritable accompagnement des managers confrontés à ces difficultés. Des associations entrepreneuriales montrent la voie.

A côté de cela, il est aussi important de théoriser l’échec, l’apprendre dans les Écoles, voir l’intégrer dans les pratiques managériales car les entreprises, souvent menées par le profit à court terme, ont du mal à l’accepter.

Finalement, la valeur dans une entreprise ou pour un indépendant tient à ses connaissances et aux compétences acquises à travers l’expérience des échecs.

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Face à l’échec, les associations qui font bouger les lignes

Avant 2013, il existait un fichier à la Banque de France (dit « 040 ») qui recensait les chefs d’entreprises ayant fait l’objet d’une liquidation judiciaire ! Fort heureusement, les mentalités et les lois évoluent et aujourd’hui, l’échec de l’entrepreneur n’est plus perçu en France comme un crime.

Du travail reste cependant à accomplir afin d’accompagner et mieux organiser le retour à l’activité des entrepreneurs, après l’arrêt de leur projet. Cet accompagnement doit s’effectuer tant sur le plan psychologique que sous l’angle financier et administratif. Depuis quelques années, diverses associations militent dans ce sens comme :

  • 60 000 Rebonds : L’association est présente dans une vingtaine de villes en France. Ses bénévoles aident une partie des 60 000 entrepreneurs concernés par la liquidation de leur activité à rebondir professionnellement et faire face au traumatisme financier, professionnel et personnel,
  • Re-créer : une association reconnue d’utilité publique d’aide aux Entrepreneurs,
  • Second Souffle : depuis 2010, cette association favorise la réinsertion professionnelle après un échec entrepreneurial,
  • SOS Entrepreneur,
  • Conférences FailCon : conférences destinées aux startuppers et aux investisseurs et qui étudient les échecs pour mieux se préparer au succès,
  • etc.

Elles permettent de valoriser les hommes et les femmes confrontés à l’échec. Philippe Rambaud, le président de 60 000 rebonds :
« [Quand on me demande] ce qui me fait le plus plaisir dans 60.000 rebonds, je réponds les sourires des hommes et des femmes que j’ai vu si mal quand ils sont [arrivés chez nous] ».

Apprendre  à gérer l’échec en entreprise, un problème international

Même si l’échec est mieux accepté dans les mentalités américaines, les managers le craignent et n’osent pas expérimenter à court terme, alors que cela est profitable à moyen terme…

Ce constat est dressé par des chercheurs Julian Birkinshaw et Marine Hass, dans le magazine de stratégie d’entreprise HBR Harvard Business Review (nov. 2016).

La célèbre revue souligne l’incohérence à laquelle se heurtent les managers américains. Ils sont tiraillés entre d’une part, la culture du chiffre et de la rentabilité, et d’autre part, par le coût réel et non prévu de l’échec.

La solution ? Formaliser l’apprentissage lié à l’échec et à l’expérience en général. Cela passe par l’analyse des échecs rencontrés dans le cadre de projets. Il est alors vital de distinguer les « actifs » liés à l’échec, l’expérience à en tirer et qui peut être une nouvelle source de profil, en parallèle avec ses coûts (le passif, qui lui ne sera pas récupérable).

crédit photo : pixabay.com Felix_Broennimann CC0 Creative Commons

Crédit photo : pixabay.com Felix_Broennimann CC0 Creative Commons

Les petits échecs éloignent les grands échecs

L’importance de valoriser un échec doit suivre une méthode rigoureuse. En effet, derrière l’impact financier d’une expérience qui tourne mal se cache parfois une réelle opportunité qu’il faut pouvoir identifier.

Selon les chercheurs Julian Birkinshaw et Marine Hass,  un série de questions doivent se poser afin de dégager une « valorisation de l’échec » :
•    Quels sont les enseignements à tirer suite à l’échec et qui concerne les goûts et les besoins des clients et du marché ?
•    Dans quelle mesure peut on modifier des hypothèses du projet ayant conduit à l’échec ?
•    Quelles sont les informations à retenir de cette expérience pour les développements futurs ?
•    Comment faut il réajuster ses prévisions ?
•    Quelles sont les découvertes obtenues sur la façon de travailler en équipe ?
•    Quelle est l’efficacité testée des processus, de la structure organisationnelle, de la culture de l’entreprise ?
•    Comment cette expérience a permis une amélioration des compétences , au niveau individuel et global ?
•    Cela a-t-il renforce la confiance et l’engagement de l’équipe ?
•    Est-ce qu’autres besoins de développements ont surgi ?

Cet exercice d’évaluation du passif est difficile car il force à regarder le passé plutôt que l’avenir. Mais les résultats semblent intéressants : lorsque les constats d’échecs sont documentés, puis transmis aux équipes ils améliorent l’adaptation de l’organisation.

Ce point du « partage de leçons » est d’ailleurs essentiel puisqu’il est la garantie d’un retour sur investissement de l’échec. Ce n’est pas seulement au niveau d’une équipe que la leçon est retenue, mais bien au niveau de l’ensemble des salariés de l’entreprise ou du groupe !

Dernier point essentiel : Il faut analyser l’ensemble des échecs afin d’identifier d’éventuels problèmes de prises de décisions. Quand le processus décisionnel est défaillant, il multiplie les échecs.

crédit photo : pixabay.com - vivisorg-CC0-Creative-Commons

Crédit photo : pixabay.com – vivisorg-CC0-Creative-Commons

Au niveau d’un indépendant : l’échec et la notion d’itération

Pour un indépendant, la notion d’échec doit s’associer au principe d’essais et erreurs (Stuart, 2011). En effet, le processus itératif, qui alterne entre essais infructueux et réussites est garant d’une évolution positive de son activité.

Prendre une décision difficile devient plus stressant si vous imaginez qu’il n’existe qu’une décision logique ou qu’un seul choix parfait.

Dans les faits, les choix possibles offrent tous de bons et de mauvais côtés… et toute décision entraine pour partie un échec.

Sans échecs, l’entrepreneur ne peut pas connaitre « ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas ». Il lui faut donc accepter de construire son expérience sur ses essais et ses erreurs, l’aidant ainsi à progresser vers les choix optimaux. Dans ces conditions, on peut dire que l’échec est nécessaire pour l’indépendant.

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