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Le cumul emploi-retraite

D’après la dernière publication de l’INSEE (21 novembre 2018), le nombre des plus de 65 ans en activité ne cesse de progresser. Le travail post-retraite s’annonce dans les années à venir comme une tendance durable liée aux phénomène de vieillissement de la population et aux réformes du système en cours.

Photo by rawpixel on Unsplash

Une tendance qui s’installe

Le nombre de retraités « actifs » ne a cessé de progresser depuis une dizaine d’années.

Ainsi, en 2011 ils étaient 311 000 contre près de 550 000 aujourd’hui. Et tous ne sont pas heureusement forcés de retravailler par contrainte. Certains re-basculent dans la vie professionnelle à la fois par plaisir ou pour maintenir leur niveau de vie.

Un facteur accélérateur du phénomène sera la concertation sur la réforme des retraites entreprise depuis le 21 janvier 2019 avec les partenaires sociaux. Elle devrait en effet déboucher sur « une érosion » des niveaux de pension (1).

Le travail post-retraite : les raisons du choix

En dehors des cas extrêmes ou de contraintes (travail pénible, obligation financière), les raisons de poursuivre une activité à la retraite peuvent aussi présenter des opportunités pour :

  • maintenir un niveau de vie, en lien avec la minoration ponctuelle des retraites pour certains (1),
  • conserver une vie sociale intense,
  • s’épanouir dans la transmission de son savoir-faire auprès des plus jeunes,
  • opérer une transition professionnelle en douceur.

Quand elle n’est pas préparée, l’arrivée à l’âge de la retraite peut parfois apparaitre comme une échéance brutale. C’est la fin d’une forme de vie sociale, d’un statut ou d’une période de reflexion cérébrale intense.

Les retraités qui restent actifs au travers « du temps choisi », parviennent à opérer une transition en douceur entre la vie d’avant et leurs nouveaux projets de vie.

Cette période peut d’ailleurs s’envisager selon différentes modalités :

  • au travers de l’engagement dans des activités de bénévolat comme dans le monde associatif,
  • comme salarié, sous forme de mission, dans son ancienne entreprise ou dans des secteurs d’activités connus, où son expérience peut être appréciée.

Trouver un job ou une mission en post-retraite

Il existe diverses plateformes d’emploi pour les retraités qui présentent chacunes des spécificités.

La plateforme Job Retraite, affirme par exemple que 25 % de ses inscrits sont des passionnés, plutôt des cadres.

Chez Expert Connect, une autre plateforme, l’objectif est de placer des retraités comme consultants dans des groupes industriels. L’intérêt des entreprises est souvent de conserver leurs compétences clefs en permettant à leurs futurs retraités de poursuivre leur activité professionnelle. Leur motivation est dans ce cas de transmettre leur savoir dans les meilleures conditions.

Dans cette perspective, une solution simple est de faire appel au portage salarial, d’autant plus que ce statut n’implique aucune contrainte administrative ou financière.

Par ailleurs, l’objectif de la plateforme Seniors à votre service est de permettre à ses 175 000 candidats-retraités de renforcer le lien social et se sentir utile. Cette plateforme est plus généraliste.

Les modalités de mise en place et les revenus attendus

Dans un premier temps, il faut s’assurer d’être réellement à la retraite. Pour cela, les intéressés, quelle que soit leur situation (régime général, RSI ou professions libérales) doivent :

  • avoir cessé leur activité professionnelle et
  • avoir liquidé leur retraite auprès de l’ensemble des organismes auprès desquels ils ont cotisé (de rares exonérations existent).

Une fois cette première étape franchie, les candidats au travail post-retraite doivent déclarer une éventuelle reprise d’activité. Pour les retraités ayant liquidés leur retraite de base après le 1er janvier 2015 (sauf exceptions) cette reprise d’activité ne permet plus de se constituer de nouveaux droits à la retraite, ni de droits complémentaires. Elle sert juste à cotiser et à récupérer des revenus additionnels.

Côté revenus, il faut se renseigner auprès des organismes car il peut s’avérer que l’intéressé soit soumit à un plafond de revenus, s’appliquant au total du cumul de pension versée et de revenus liée à la nouvelle activité.

Si le plafond de revenus est dépassé, le retraité actif touchera les revenus liés à sa nouvelle activité. Le complément de retraite sera conditionné au dépassement du plafond. Exemple : Si son plafond est limité à 2500€, et que le retraité gagne 2000€ dans son nouvel emploi, il ne pourra toucher qu’un maximum de 500€ de retraite.

Un dernier point : le retraité ne peut pas travailler pour la concurrence car il est lié à un devoir de loyauté vis-à-vis de son ancien employeur qui peut le cas échéant faire jouer une éventuelle clause de non-concurrence.

(1) Depuis début 2019, les personnes nées en 1957 ou après et qui choisiront de faire valoir leurs droits retraite dès qu’elles atteindront leur taux plein, que ce soit à 62 ans ou après, verront leurs retraites complémentaires AGIRC et ARRCO minorées de 10 % durant 3 ans, et cela jusqu’à leurs 67 ans maximum. Autrement dit, elles ne seront plus immédiatement versées à 100 % comme encore c’est le cas aujourd’hui, mais à 90 % seulement durant 36 mois.  Passé ce cap, elles seront de nouveau versées à « plein ». Pour  échapper à ce malus , la solution consiste à travailler  4 trimestres civils en plus. Cela revient à repousser sa date de départ à 63 ans au lieu de 62 ans , pour une personne ayant atteint son taux plein à cet âge-là précisément.

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