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Quand freelances et indépendants transforment l’Entreprise

Et si le salut des entreprises, qui ont tant de mal à évoluer, passait par les freelances ?

C’est le sens de l’étude « SE TRANSFORMER AVEC LES FREELANCES » conduite en 2018 par Laetitia Vitaud et Malt (la plateforme de missions freelances).

L’auteure détaille les effets bénéfiques d’intégrer pour les entreprises ses nouveaux talents indépendants, qui viennent « polliniser » leurs structures traditionnelles.

Voici des grandes idées issues de l’étude (également détaillée dans l’article Pourquoi le CAC 40 a besoin des freelances de Malt)

groupe de freelances portage salarial
Crédit : Burst

Où sont les talents dont a besoin l’entreprise ?

Entre pénurie d’offre et difficulté de recrutement, les entreprises affrontent des problématiques combinées:

  • Elles ont des besoins urgents auxquels seuls des profils d’experts ou de nouveaux talents peuvent répondre. Mais elles peinent aussi bien à cerner leur besoin, qu’à trouver « la perle rare ».
    Elles ne sont pas seules à rencontrer des difficultés : depuis 2010, avec la révolution numérique, la « guerre des talents » est déclarée. Chaque entreprise souhaite travailler avec « les meilleurs » pour profiter d’un avantage concurrentiel.
  • La pénurie renforce les difficultés de recrutement, d’abord dans les secteurs scientifique ou du numérique. L’économiste Elie Cohen prédit même “une pénurie massive d’ingénieurs en Europe. Dans tous les métiers traditionnels d’ingénieur, et dans le numérique et les sciences de la vie »
  • Une problématique européenne ! Une étude du Boston Consulting Group  révèle que cette pénurie risque de toucher de nombreux pays comme l’Allemagne où il manquera près de 2,4 millions de travailleurs d’ici 2020, et le triple dans 10 ans…

Quelques soient leurs compétences, les indépendants qui suivent les évolutions technologiques et sociétales possèdent des savoirs uniques. Encore faut-il savoir comment rencontrer et convaincre ces clients potentiels…

Crédit : Burst

Changement radical de mentalité

Nouvelle difficulté pour l’entreprise : même si les indépendants sont disponibles, ils ne rêvent plus forcément au salariat. 

Ainsi, 97 % des développeurs freelances interrogés dans l’Etude Malt – OuiShare affirment qu’ils ont délibérément choisi leur statut freelance.

Pour la génération “Y”, le « deal du salariat » semble biaisé. Beaucoup refusent les contraintes jugées trop lourdes (la hiérarchie, la précarité…) face aux bénéfices jugés trop faibles.

Et que dire de la génération Z, les digital natives. Ses représentants souhaitent être séduits avant tout par les projets, les valeurs et les missions des entreprises…

RéUNION INDEPENDANT PROJET
Crédit : pixabay

L’effet “winners-take-all” pour les entreprises

Autre problématique pour les entreprises : les transformations technologiques tendent à survaloriser les entreprises qui réussissent sur un marché, soit parce qu’elles sont les premières, soit parce qu’elles apportent un « plus ».

Les économistes appellent ce phénomène le “winners-take-all” (les meilleurs raflent la mise) et soulignent l’avantage en terme de marge plus élevée dont peut profiter le « leader ».

Pas de place dans ce contexte pour les seconds qui peinent à vendre, avec des marges plus faibles. Attirer des talents capables de l’aider à innover devient souvent une urgence pour l’entreprise qui souhaite assurer sa pérennité.

Du côté du freelance, cela entraîne la nécessite de travailler sa marque personnelle (son réseau, sa réputation) afin de s’afficher comme « un expert et un talent ». Son niveau de rémunération pourra être corrélé à sa capacité à s’afficher comme tel.

consultant independante en informatique
Crédit : pixabay

Fin de l’élitisme, voici les nouvelles formes de recrutement

L’élitisme et la sélection (dans la formation, le recrutement) sont une habitude du monde de l’entreprise. Ainsi, le DRH de Google se vantait jusqu’à présent de ne recruter que 0.25% des candidats qui se présentaient à lui… et les mauvaises langues disaient qu’il était plus facile de rentrer à Harvard que chez le géant de Mountain View !

Par ailleurs, le schéma traditionnel des acheteurs dans les grands groupes fait encore la part belle « aux meilleurs », qu’il s’agissent de profils sur-diplômées ou de sociétés de services haut de gamme, très sérieuses sur le papier.

Cependant, ces approchent traditionnelles se révèlent coûteuses à mettre en œuvre. En outre, elles favorisent la notion de statut et créent des positions figées, peu adaptées face au changement.  

Des modèles de recrutement alternatifs s’affirment, fondés sur des réalités plus factuelles. Vous n’avez pas fait Harvard ? Peu importe ! Si votre réseau est vaste et actif, si vos précédents employeurs vous tressent des louanges et que vous affichez des réalisations concrètes (un site internet, un projet)… Vous êtes un talent potentiel qui peut aussi bien intéresser une PME qu’un grand Groupe!

Pour un freelance (surtout s’il n’est pas diplômé des grandes écoles) il est essentiel de travailler sa capacité à établir des connexions entre individus. Cette nouvelle valeur relève de «l’inclusion », par opposition à l’ancien modèle de sélection « qui exclue », pour se limiter à une minorité. L’intérêt quand on est freelance aujourd’hui est que rien n’est plus figé : chacun a en soi un potentiel à faire émerger et qui peut intéresser l’entreprise.

La notion de résilience devient fondamentale

Les nouvelles tendances de recrutement privilégie la résilience, c’est-à-dire la capacité à réagir, s’adapter.

Le cadre du salariat et l’encadrement hiérarchique ne favorisent pas cette capacité. Souvent, une entreprise ne trouve pas en interne les ressources ou les compétences pour la pousser à évoluer. C’est pour cela que les freelances séduisent de plus en plus les entreprises.
Au travers de leurs expériences, leur niveau de résilience s’est renforcé. Ils restent à l’écoute, se forment et s’informent, quitte à s’engager dans une voie ou une autre pour optimiser leur parcours ou leurs projets.

En intégrant une équipe projet, un indépendant apporte avec lui bien plus que ses compétences : un véritable état d’esprit tourné vers le changement

Crédit : Pixabay

Les 3 étapes de l’entreprise vers l’externalisation

Pour les économistes du XXème siècle l’entreprise s’est développée en optimisant en interne les coûts de réalisations de ses diverses opérations (recherche, production, prospection, vente…).

Progressivement, vers 1970, l’externalisation d’activités a allégé l’entreprise de certaines fonctions « non stratégiques ».

Aujourd’hui, une troisième étape apparait avec les plateformes numériques. Elles bouleversent la vision classique de l’externalisation en offrant en externe des services parfois stratégiques et à moindre coût.

A partir du moment où il devient plus intéressant de faire appel à des freelances que de chercher à recruter en interne, la question se pose…

Certes, pour les freelances, notamment en informatique, il existe encore des blocages pour travailler en direct avec les donneurs d’ordre. Ces derniers sont parfois habitués à contractualiser avec des intermédiaires qui prélèvent des marges confortables.

Mais bon nombre d’entreprises constatent que les freelances apportent des méthodes de travail et un état d’esprit positif à leurs équipes et apprécient de les intégrer en mode projet dans leurs effectifs.

Comme le souligne Laurianne Thiebaut, Directrice des Systèmes d’Information chez Essilor France :  “Nous recherchons des individus qui ont des convictions et qui sont capables de nous challenger.”

Accès à  l’étude « SE TRANSFORMER AVEC LES FREELANCES » de Laetitia Vitaud.

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